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Le bicentenaire du poète kazakh Makhambet Outemissov (1803-1846)

14 octobre 2003

A l’occasion du bicentenaire du poète kazakh Makhambet Outemissov (1803-1846), colloque international sur la poésie kazakh médiévale, avec lecture, par le poète français Jacques Jouet, de poèmes de Outemissov et présentation de l’anthologie poétique d’Outemissov « L’armoise rouge de la steppe » (Editions Caractères).

14 octobre 2003/ Unseco / France

Salle IX, 14h00-18h00

Parmi la centaine de participants attendus : Imangali Tasmagambetov, Secrétaire d’Etat, Dussen Kasseinov, ministre de la Culture, et Oljas Souleimenov, Délégué permanent du Kazakhstan auprès de l’UNESCO, lui-même un poète de renom.

Discours de M. Koïchiro Matsuura Directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) à l’ouverture du Colloque international « La poésie médiévale kazakhe », à l’occasion du 200e centenaire de la naissance de Makhambet Outemissov

UNESCO, 14 octobre 2003

1Monsieur le Ministre de la culture de la République du Kazakhstan, Excellences, Mesdames, Messieurs C’est avec un vif plaisir et avec un sentiment de grande satisfaction que je suis parmi vous cet après-midi, pour participer à un événement que je vis comme une sorte de ressourcement et de pause au sein de l’agenda très chargé de notre 32e Conférence générale. Monsieur le Ministre, je suis très sincèrement ravi d’être à vos côtés pour inaugurer ce colloque sur la poésie médiévale kazakhe, organisé pour le bicentenaire du grand poète Makhambet Outemissov. qui démontre à la fois l’intérêt que vous portez à notre Organisation et notre engagement à oeuvrer pour la mise en valeur de votre patrimoine culturel. Je m’en réjouis d’abord car il s’agit d’un événement consacré à la poésie, à cette forme de communication à l’état pur, expression de liberté absolue du verbe, lieu où se confondent réel, possible et nécessaire. La poésie, qui accompagne l’humanité depuis son origine, est un véhicule de créativité commun à toute l’humanité, qui se pratique dans tous les contextes culturels et s’apprécie à tous les âges. Si elle donne du sens à la vie et à l’histoire des peuples, tout en se nourrissant des modes et des préoccupations du moment, elle porte en elle un élément universel qui ignore les frontières du temps et de l’espace. Aussi, aimer la poésie nous aide-t-il à aimer les autres, à dialoguer, à bâtir cette paix qui fonde notre être au monde. Une deuxième raison de satisfaction pour moi réside dans le fait que cet événement marque aussi le lancement de la première traduction en langue française de l’œuvre de Makhambet Outemissov, un poète d’envergure universelle qu’il était grand temps que d’autres publics, au-delà des frontières linguistiques et géographiques d’Europe et d’Asie, s’approprient enfin. L’UNESCO s’efforce depuis 1948, par différents programmes, de faciliter la circulation par la traduction de la grande littérature représentative de chaque culture, au-delà des barrières matérielles et spirituelles qui nous divisent. L’ouvrage d’Outemissov que vous présentez ici cet après-midi, en présence de l’éditeur que je salue, est une modeste mais significative contribution a ce grand travail de construction des conditions du dialogue. C’est pour cela que le Centre d’échange

2d’information sur la traduction littéraire de l’UNESCO l’a appuyé avec enthousiasme. La troisième raison pour laquelle votre rencontre est pour moi un motif particulier de satisfaction réside dans son lien avec une région qui est pour l’UNESCO, depuis longtemps, un exemple historique, une plate-forme d’action et un terrain d’inspiration exceptionnelle. C’est en Asie Centrale, en effet, que les plus anciennes civilisations et religions de l’histoire se sont rencontrées et réciproquement influencées. Les nations de cette région sont à présent en train de faire connaître et de restituer à l’humanité l’héritage de cette histoire exceptionnelle. C’est dans ce contexte que l’UNESCO a lancé des projets comme l’Histoire de l’Asie centrale ou les Routes de la Soie ainsi qu’une série de tables rondes sur le dialogue entre les religions, auxquelles ont participé les représentants de toutes les grandes familles spirituelles de l’humanité. J’ai visité le Kazakhstan au cours du mois d’août 2001, et j’ai été impressionné par la richesse, la fertilité des liens forgés au cours de plusieurs siècles d’interaction créative. Je ne peux donc que me réjouir de la récente inscription du mausolée de Hoja Yahmed Yassavi sur la Liste du Patrimoine mondial, ainsi que de la mise en place, par l’UNESCO, d’un certain nombre de projets axés sur la valorisation des cultures vivantes de ce pays, notamment à travers le développement du tourisme culturel et de l’artisanat. Cette rencontre autour d’une grande poésie, d’une grande culture en elle même plurielle et ouverte au monde, et d’un grand poète, constitue aussi un moment significatif de notre combat pour la construction de la paix dans l’esprit des hommes qui est à la racine de toutes nos actions. Et c’est en cela, sans aucun doute, que réside la cause la plus importante de ma joie d’aujourd’hui. Pour toutes ces raisons, je vous suis très reconnaissant d’être ici avec moi à l’UNESCO. Je vous souhaite à tous - décideurs, chercheurs, traducteurs, hommes de lettres et amoureux de la littérature - que vos travaux soient fructueux, riches en discussions et en découvertes, inspirés et, comme il se doit toujours dans les moments de partage, fraternels. Je vous remercie.

© mercredi 15 octobre 2003, par Adel

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