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Ouzbékistan : la répression d’Andijan s’apparenterait à un ’massacre’

Le 13 juillet 2005

Rendu public hier, le rapport de la mission du Haut Commissariat aux droits de l’homme qui s’est rendue au Kirghizistan, au mois de juin, pour enquêter sur la répression d’Andijan, au mois de mai dernier affirme que les militaires et les forces de sécurité d’Ouzbékistan pourraient avoir commis de graves violations des droits de l’homme.

Le rapport du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme des Nations Unies (HCDH) sur la répression d’une manifestation à Andijan, en Ouzbékistan, le 13 mai dernier, fait état de « témoignages directs dignes de foi qui fournissent de sérieuses raisons de croire que les militaires et les forces de sécurité ont commis de graves violations des droits de l’homme », indique un communiqué publié hier par le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme.

Le rapport, qui est le résultat de la mission d’établissement des faits du Haut Commissariat qui s’est rendue au Kirghizistan, à la mi-juin, affirme qu’il n’est pas exclu, à la lumière des descriptions fournies par les témoins oculaires rencontrés, que les incidents d’Andijan puissent être qualifiés de « massacre ».

Il indique que les chiffres concernant les personnes tuées sont très divergents - 200 personnes selon le gouvernement d’Ouzbékistan et 700 selon d’autres sources - et réitère en conséquence l’appel de la Haut Commissaire en faveur d’une enquête internationale indépendante.

Louise Arbour, Haut Commissaire aux droits de l’homme, avait réclamé une enquête indépendante sur les événements d’Andijan dès le 18 mai, rappelle le communiqué. À la réception des résultats de la mission du Haut Commissariat, Louise Arbour a réitéré, le 23 juin dernier, sa demande auprès du président Islam Karimov.

« Aucune réponse n’a été reçue à ce jour », précise le communiqué.

« Il est urgent également de suspendre les déportations de demandeurs d’asile ouzbeks et des témoins oculaires des événements d’Andijan qui pourraient risquer la torture s’ils sont renvoyés en Ouzbékistan et de les accueillir dans un pays tiers sous la supervision du Haut Commissariat pour les réfugiés », rappelle le rapport.

« Il faut par ailleurs accorder à la communauté internationale l’accès aux quatre demandeurs d’asile qui ont été expulsés du Kirghizistan vers l’Ouzbékistan ».

« À la lumière du caractère persistant des violations de droits de l’homme en Ouzbékistan constaté par les organes conventionnels des Nations Unies dans le domaine des droits de l’homme et les procédures spéciales de la Commission des droits de l’homme, la communauté internationale pourrait également envisager la création d’un mécanisme d’examen public de la situation en Ouzbékistan », ajoute le rapport.

Le 5 juillet dernier, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) s’était déclaré « inquiet » après la détention de Lutfullo Shamsuddinov, citoyen ouzbek, grand militant des droits de l’homme, et demandeur d’asile à Almaty, au Kazakhstan, après avoir fui Andijan.

Le 23 juin dernier, le Secrétaire général s’était par ailleurs déclaré « gravement préoccupé » par le sort de quelques centaines de demandeurs d’asile ouzbeks au Kirghizistan qui ont fui leur pays après l’explosion de violence à Andijan. Il s’est notamment inquiété des informations faisant état de leur possible rapatriement forcé vers l’Ouzbékistan.

© mercredi 13 juillet 2005, par Adel