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Quel avenir pour les enfants en situation difficile d’Arménie ?

Paris/Erevan - COMMUNIQUÉ DE PRESSE 2004

dimanche 8 août 2004, par Adel

Médecins Sans Frontières met un terme à sa mission auprès des enfants en situation difficile qu’elle mène depuis sept ans, dans l’institution de Vardashen et dans les familles en urgence sociale. Médecins Sans Frontières considère qu’il appartient désormais aux autorités de réformer les Centres Républicains d’Education Spéciales et les programmes de prises en charge des enfants et de leur famille socialement en danger.

Médecins Sans Frontières se retire de son programme ’enfants en situation difficile’...

A travers le travail accompli durant ces dernières années à Vardashen par des équipes pluridisciplinaires (médecins, psychologues, éducateurs, juristes...), Médecins Sans Frontières a montré qu’aux méthodes violentes et répressives employées dans les CRES, il existe une alternative : une approche éducative résolument portée sur le respect de l’enfant, ses droits, son individualité. A travers son programme de prévention, Médecins Sans Frontières a également démontré qu’en apportant un soutien direct aux familles en difficulté, les enfants pouvaient rester chez eux. Ils n’étaient plus amenés à mendier pour gagner leur vie et ne risquaient plus d’être abusivement placés dans ces institutions inadaptées à leur situation puisque réservées aux délinquants.

Le fruit de ce travail a été partagé avec les autorités arméniennes lors du colloque organisé par Médecins Sans Frontières, en septembre 2003, sur la protection de ces enfants et leur devenir. Force est de constater, qu’en dépit de tous les constats et les bonnes déclarations d’intention lors de cette journée, peu de choses ont changé. Aucune mesure, ni dans les textes ni dans les actes, n’a été amorcée pour trouver des solutions alternatives au placement abusif des enfants dans ces institutions, et pour transformer les CRES en institutions à caractère social et non plus répressif.

Si on peut noter des évolutions concrètes, telles que l’adoption d’un règlement intérieur ratifié par le ministère ou le renforcement du personnel de nuit à Vardashen, elles restent néanmoins très insuffisantes.

La question du mauvais traitement des enfants dans les CRES n’est toujours pas résolue. En effet, depuis septembre, des violences ont encore été constatées à Vardashen.
A Noubarashen, malgré les dénonciations publiques, rien n’a été entrepris pour faire cesser les violences qui sont perpétrées contre les enfants depuis longtemps et rien n’a été fait pour changer les méthodes utilisées.

Concernant le statut des CRES et la stigmatisation des enfants qui y sont placés, les autorités arméniennes n’ont apporté aucune réponse aux questions qui avaient été posées il y a neuf mois : aujourd’hui encore, malgré le fait que 100% des enfants sont placés a Vardashen en raison de situation sociale difficile et non pour des délits, l’amalgame entre problèmes sociaux et délinquance perdure.

Aussi, rien n’a été entrepris pour apporter une aide sociale directe aux familles en grande marginalité afin que l’enfant puisse y être maintenu s’il y est en sécurité.

Il est pourtant urgent et nécessaire que les autorités entament les réformes de fonds pour que ces enfants puissent avoir une réponse de prise en charge adaptées à leur besoin. Médecins Sans Frontières refait le point, ci-après, sur ses préconisations débattues en septembre dernier.