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Le gendre du président kazakh accuse son beau-père Noursoultan Nazarbaïev

mercredi 4 juillet 2007, par Adel

Rakhat Aliev, le gendre du président kazakh Noursoultan Nazarbaïev, poursuivi dans son pays pour enlèvement et actuellement en Autriche dans l’attente d’une éventuelle extradition, a vertement attaqué son beau-père dans un entretien publié dans la presse.

Dans l’interview à ce journal en ligne, M. Aliev accuse le pouvoir kazakh d’avoir monté de toutes pièces les accusations d’enlèvement de deux anciens responsables de la banque Nurbank pour lui faire fermer la bouche.

Selon lui, les autorités kazakhes craignaient qu’il ne témoigne contre M. Nazarbaïev au cours d’un éventuel procès aux Etats-Unis dans l’affaire du « Kazakhgate », un vaste scandale de corruption remontant au milieu des années 1990 et concernant l’attribution de concessions pétrolières au Kazakhstan.

M. Aliev assure par ailleurs aussi avoir refusé de céder l’ensemble de ses participations dans des entreprises kazakhes en échange d’un abandon des poursuites entamées contre lui.

« Mes actifs m’ont tout simplement été volés », explique-t-il, citant notamment une raffinerie de sucre, une banque, l’une des principales chaînes de télévision du pays (KTK) et le principal hebdomadaire kazakh, Karavan.

Il assure aussi avoir autorisé ses partenaires à l’accuser au cours de l’enquête le visant de tous les crimes pour lesquels le pouvoir veut le poursuivre. Il indique aussi dans l’entretien avoir reçu cette semaine des documents lui annonçant officiellement son divorce de Dariga Nazarbaïeva, la fille aînée du président.

« Le président Nazarbaïev a détruit ma vie privée, a organisé mon divorce d’avec ma femme avec qui je vivais depuis 24 ans », estime Rakhat Aliev, ajoutant qu’il avait aussi été « détruit en tant qu’homme politique, en tant qu’homme d’affaires ».

Rakhat Aliev, un ancien vice-ministre des Affaires étrangères devenu en début d’année ambassadeur en Autriche, est visé depuis la fin mai par une enquête pour enlèvement.

Une fois son immunité diplomatique levée, il avait été arrêté en Autriche puis libéré sous caution dans l’attente de l’examen d’une demande kazakhe d’extradition, une procédure qui pourrait durer longtemps en l’absence d’accord entre Vienne et Astana.

Rakhat Aliev, 44 ans, a une réputation sulfureuse dans la vie politique comme dans les affaires au Kazakhstan.
Il se présente désormais en victime du régime de son beau-père, alors même que l’opposition kazakhe le soupçonne d’être le commanditaire de l’assassinat de l’un de ses dirigeants.

M. Aliev avait précédemment déclaré que les poursuites pénales à son encontre avaient été entamées après qu’il eut confié en privé à M. Nazarbaïev son intention de briguer la présidence à la prochaine élection, en 2012.