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Kirghizstan : le président Bakiev réélu

vendredi 24 juillet 2009, par Adel

Le président sortant, Kourmanbek Bakiev, a conforté son emprise sur le Kirghizstan, petit pays d’Asie centrale à la position stratégique, remportant haut la main un scrutin présidentiel très controversé qui a suscité l’inquiétude de l’Union européenne.

M. Bakiev, 59 ans, lamine ses adversaires en raflant près de 85% des voix, selon des chiffres encore partiels dévoilés vendredi par la commission électorale centrale. Sa victoire était largement attendue.
Mais le scrutin a été entaché de nombreux cas de fraude et d’irrégularités, a déploré l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui avait déployé pour l’occasion 280 observateurs dans ce petit pays pauvre, montagneux et instable d’Asie centrale.

Le processus s’est encore détérioré pendant le décompte du vote et le classement des résultats, les observateurs jugeant négativement cette partie du processus dans plus de la moitié des cas observés.

Ces critiques apportent de l’eau au moulin de l’opposition, qui avait elle-même dénoncé des fraudes « massives » et un vote « illégitime » et indiqué qu’elle se préparait à des actions de protestation dans les jours à venir.
Le directeur de campagne du principal candidat de l’opposition Almazbek Atambaïev, Bakyt Bechimov, a ironisé vendredi sur l’ampleur de la victoire du président : « 90%, c’est fantastique : c’est un indicateur absolument transparent qu’il s’agit d’une fraude au niveau de l’Etat ».

L’opposition fera part de ses projets lors d’une conférence de presse samedi, a-t-il précisé, n’excluant pas de grandes manifestations. En attendant, la capitale Bichkek semblait calme vendredi soir et la présence des militaires ou policiers réduite.

M. Bakiev est un allié pour les Etats-Unis : le Kirghizstan, ex-république soviétique, avait décidé fin juin de maintenir sur son territoire une base militaire américaine vitale pour les opérations de la coalition internationale en Afghanistan, après avoir menacé de la fermer et alors que la Russie tente aussi d’accroître son influence dans la région.
Les opposants ont souligné que l’importance de cette base signifiait que M. Bakiev se verrait sans doute épargner des critiques trop virulentes de la part des Etats-Unis sur les conditions de sa réélection.