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Shizo

Un drame de GUKA OMAROVA
Écrit par Guka Omarova et Serguei Bodrov

Festival International du film de Cannes 2004
Sélection officielle Un Certain regard

Shizo vit dans la steppe. C’est un adolescent rêveur à l’avenir incertain. Entraîné par le petit ami de sa mère dans les cercles de la mafia locale, Shizo est chargé de recruter des boxeurs pour des combats illégaux. La vie de Shizo va basculer lorsqu’un de ses boxeurs est mortellement blessé et lui demande de reverser les gains du combat à sa femme et à son enfant. Alors qu’il tient sa promesse, l’adolescent tombe amoureux de la jeune veuve. Dès cet instant, il va mettre un point d’honneur à subvenir aux besoins de sa nouvelle famille et prendre sa revanche sur la société.

Kazakhstan-Russie-France-Allemagne
86 mn • Couleur • Dolby SR • 35 mm • 1..66
SORTIE NATIONALE LE 4 MAI 2005

ENTRETIEN AVEC GUKA OMAROVA

Comment est née l ’idée du scénario ?Y a-t-il une part de vérité dans
cette histoire ?

Il y a quelques années, dans un café d ’Almaty au Kazakhstan, j’ai rencontré un homme abîmé par la vie. Il m ’a demandé si je voulais boire de la vodka avec lui. Je n’en avais pas envie, car je m ’apprêtais à partir... Mais, tout d’un coup, il s ’est agité, a bu d’un trait son premier verre de vodka, et a commencé à me parler. Il m’a raconté qu’il avait participé à des matchs de boxe illégaux. Il n’avait pas l’air d ’un mafieux, mais ses poings étaient tout gonflés et son nez écrasé. Il avait 23 ans. Le désespoir et l ’épuisement pouvaient se lire dans son regard. Il m ’a dit qu’il venait du Sud, et que sa mère et sa sœur étaient restées au village. Au début des années 90, personne n ’avait de travail au Kazakhstan. Absolument personne. Le pays venait d ’acquérir son indépendance, et des millions de gens comme lui avaient besoin de travail. Ils partaient tous vers les grandes villes pour trouver un emploi. Il m ’a regardé dans les yeux et un sentiment de culpabilité m’a envahi, car j ‘ai compris une
chose: lorsque ces gens partent, ils ne reviennent jamais. C’est comme
ça qu’est née l’histoire sur la boxe. Plus tard en Hollande, l’image du jeune garçon un peu étrange m’est apparue. En 2002, j ’ai rencontré Serguei Bodrov à Venise à qui j’ai parlé de cette histoire. Il m’a proposé de l’écrire. Et, après quelques mois, nous avons finalisé une version définitive du scénario.

Quel impact a eu la présence du scénariste et réalisateur Serguei
Bodrov sur le tournage ?

Tout le monde avait peur de travailler avec Serguei Bodrov. Lorsqu’il est
arrivé sur le tournage, tout le monde a été paralysé. Les gens parlaient à voix basse et essayaient même de marcher plus silencieusement. Serguei Selyanov, le producteur, avait exigé que nous tournions le film en six semaines. Je ne savais pas ce que cela signifiait, car c’était mon premier long métrage. Et c’est grâce à Bodrov que nous avons réussi à respecter les délais de tournage. Je suis également reconnaissante envers mon producteur kazakh Serguei Azimov. Être entourée de trois “Serguei”, c’était peut-être un signe... Diriger un film qui contient des scènes de boxe avec une équipe essentiellement masculine dans une contrée éloignée, était-ce un défi ?
Quand nous tournions les scènes de boxe, la foule se demandait qui les dirigeait, car beaucoup de gens couraient et criaient en même temps. Et bien entendu, personne n’imaginait que c’était moi. Tourner une fiction avec de vrais boxeurs — qui avaient tous fait l’école thaï de “Yelukhan” — est très difficile. Ils ne savent pas faire semblant. Ils se battaient de toutes leurs forces. Nous étions tous assez inquiets, car s’il y avait un vrai K.O, nous ne pourrions plus tourner! Nous devions constamment garder cela à l’esprit.

Comment avez-vous trouvé le jeune acteur qui interprète Shizo ?
Tout le monde s’inquiétait de savoir comment je trouverais l’acteur principal. On était, en effet, à la fin de l’été et tous les enfants étaient encore en vacances scolaires. Lors du premier casting, dans le premier orphelinat, le premier garçon que j’ai vu c’était lui — Olzhas, notre Shizo. Il est le petit-fils d’un écrivain kazakh connu qui a été censuré en 1937. Après la mort de sa mère, et bien qu’il ait été membre d’une grande famille, il a été envoyé dans un orphelinat. Il avait sept ans à l’époque. Il a appris à survivre. Après quelques années, il était déjà le chef d’un petit groupe de gamins très débrouillards. Il a un formidable sens de l’humour et une personnalité très indépendante. Il a ce quelque chose qu’un homme, un vrai, doit avoir. Il est un peu timide, mais toujours très cool. Ce n ’est qu’après le tournage que le preneur de son m’a avoué quelque chose. Il lui avait été très difficile d’enregistrer la voix d’Olzhas, car ce dernier étant très mince le bruit de ses vêtements se faisait tout le temps entendre. Et chaque fois qu’on tournait, le battement de son petit cœur effrayé couvrait tous les autres bruits extérieurs.

Votre fils aime-t-il le cinéma ? A-t-il vu le film ? Qu’en pense-t-il ?
A mon retour de Russie, j’ai pris dans mes bagages la première version montée du film pour la montrer à mon fils. Je lui fais confiance. Il a ses propres critères. Il adore le cinéma. Il me dit toujours ce qu ’il pense. C’était donc un bon test pour moi. Il a ri. Il l’a aimé. Il a même changé d’attitude envers moi!

Pourquoi avez-vous choisi de vivre en Hollande et non au Kazakhstan ?
J’aime ce pays. Je me sens chez moi ici. Ou plutôt, j’ai enfin trouvé un “chez moi” ici...

Quels sont vos prochains projets ?
J’ai un projet en Hollande sur l’histoire d’un vieillard qui a passé trois ans dans un camp de réfugiés, et aussi au Kazakhstan. Mais c ’est, comme toujours, une question d’argent.

GUKA OMAROVA VUE PAR SERGUEI BODROV

Guka est kazakhe. Elle parle le hollandais et vit avec son fils, Timur, et leur lapin, Pinny, à Rotterdam. Son réalisateur préféré est Wong Kar-wai. Lorsqu’elle avait 14 ans, elle a joué le rôle principal dans un de mes films. Grâce à elle, le film a été un succès. Serguei Gerasimov, le patriarche du cinéma russe, qui savait parfaitement jugé la personnalité de quelqu’un a dit d’elle: “Cette fille a le feu en elle; elle est prête à exploser”. Le patriarche avait raison. Cette fille toute simple, intelligente, attirait l’attention de façon mystérieuse. Il était impossible de ne pas la regarder. Il y a quelques années, j ’ai voulu tourner à nouveau avec elle, mais le projet ne s’est pas fait. A la place, nous avons écrit un scénario, "Sisters", que mon fils a réalisé. J’ai toujours pensé que je connaissais bien Guka. Que nous étions de bons amis. Lorsqu’on a terminé d’écrire “Shizo”, j’étais sûr qu’elle me demanderait de l’aider pour réaliser son premier film.
Je me suis trompé. En fait, je ne la connaissais pas du tout. Après le premier jour de tournage, Guka m’a demandé poliment mais fermement de ne plus mettre mon grain de sel. De la même façon, ferme mais polie, elle m’a demandé de quitter la salle de montage. Après avoir claqué la porte, j’ai juré de ne plus jamais retravailler avec elle. Puis j’ai vu le film terminé, et j’ai reconnu la patte d’une réalisatrice confiante et volontaire, qui a fait un film sans fausse note. A présent, je la connais mieux, et j ’espère qu ’elle voudra bien travailler à nouveau avec moi.

GUKA OMAROVA - Réalisatrice et scénariste
Guka Omarova est née en 1968 à Almaty. A l’âge de 15 ans, elle devient actrice, puis, après des études de journalisme à l’Université de la République du Kazakhstan, journaliste à la radio et à la télévision. Elle travaille ensuite aux Studios “Kazakhfilm” et “Kirgizfilm”. En 1998, elle ressort diplômée de l’Académie des Beaux-Arts section "Documentaire" et se lance dans la réalisation de courts métrages de fiction ("Ce cœur à moi", "Le paysage des corps", "Le projet d ’argile") et de documentaires ("Capitaine Kat"). Omarova co-écrit avec Serguei Bodrov le scénario de "Sisters" (2001), réalisé par Serguei Bodrov Jr. et sélectionné au Festival International du film de Venise. En 2004, elle réalise “Shizo ”, son premier long métrage, sélectionné au Festival de Cannes dans la section Un Certain Regard, ainsi que dans de nombreux festivals (Les Trois Continents de Nantes, Premiers Plans d ’Angers).

SERGUEI BODROV - Co-scénariste et producteur
Serguei Bodrov est né et a grandi en Extrême Orient.Il a travaillé comme journaliste avant d’écrire plus d’une vingtaine de scénarios. Il est l’auteur du livre “Liberté =Paradis” publié par Actes Sud en France. Son premier film a été tourné au Kazakhstan. Il a obtenu une reconnaissance internationale avec “Le Prisonnier du Caucase” qui a reçu le Prix FIPRESCI au Festival du Film de Cannes, et lui a valu une nomination aux Oscars dans la catégorie “Meilleur film étranger”. Il a co-écrit “Est-Ouest” de Régis Wargnier. Il travaille actuellement sur deux projets: “Le Mongol”, qui conte les jeunes années de Genghis Khan, et une nouvelle adaptation de “L’Appel de la forêt” d’après Jack London. Il vit entre Moscou, l’Arizona et le Kazakhstan.

SIG (SIEGFRIED) - Compositeur
Né en France, SIG est musicien et réalisateur (“Louise -Take 2”, “Sansa”). Violoncelliste, percussionniste et pianiste, il joue aussi bien en Europe de l’Est qu’en Inde, en Amérique du Sud, aux Etats-Unis ou au Japon. SIG a produit un album intitulé "Vertigo Bound". Comme compositeur: 1999 /“Louise -Take 2” • 1998 //“À Vendre” de Laetitia Masson • 1997 //“No happy end” de Olivier Mégaton • 2002 //“Le Baiser de l’ours” de Serguei Bodrov.

LES PETITES LUMIERES - Co-producteur
Depuis 2003, la société Les Petites Lumières développe des longs métrages de fiction pour enfants. Ses associés sont Natacha Devillers (productrice), Joël Farges (producteur via Artcam du "Chignon d ’Olga" mais aussi réalisateur) et Marc Bonny (distributeur via Gébéka Films de "Kirikou", "Corto Maltese" ou "Tchoupi").

LE KAZAKHSTAN des temps nomades à nos jours

Aux confins des mondes russe, chinois et iranien, les grandes étendues de steppes du Kazakhstan, théâtre des grandes invasions mongoles, ont été longtemps le domaine exclusif des nomades et de leurs troupeaux. Les tribus kazakhes y parcouraient de longues distances à la recherche de pâturages, déplaçant au fil des saisons leurs campements et entraînant dans cet inlassable mouvement leurs femmes et leurs enfants. Ces cavaliers des steppes, pilleurs ou protecteurs, contrôlaient les caravanes commerciales venues de Russie ou des oasis du Turkestan. Leur vision du monde, en harmonie avec la nature, était imprégnée de traditions chamaniques et de préceptes musulmans dont la musique gutturale et lancinante de la bande originale du film se fait l‘écho. Les incursions des tribus mongoles venues de Chine et les ambitions de la Russie impériale fragilisèrent l’équilibre de ce monde nomade qui, petit à petit, entra sous la domination de l’Empire des tsars. L’entrée des Kazakhs dans l’Union soviétique après la Révolution de 1917 s’imposa comme un bouleversement violent. Les nomades prirent le chemin de l’exil ou périrent en grand nombre quand ils tentèrent d’échapper à la sédentarisation forcée et à la confiscation de leur bétail. Dans le même temps, de nombreux déportés russes et ukrainiens arrivaient dans cet univers hostile, suivis plus tard par des migrants cherchant du travail. Dans les villes, sur les chantiers de l’industrialisation, les ouvriers kazakhs croisaient leurs congénères européens tandis que se construisait une société soviétique hétéroclite. Quant aux Kazakhs des campagnes, ils vivaient désormais de manière sédentaire dans des kolkhozes où ils élevaient du bétail et cultivaient les champs. Ils participaient aux réunions du Parti et y faisaient carrière, leurs enfants allaient à l’école et, comme toute la jeunesse d’URSS, ils admiraient Gagarine. Déracinés et minoritaires, les Kazakhs l’étaient surtout en ville où le russe était la langue dominante.
L’effondrement de l’URSS va ébranler cette société qui avait finalement réussi à établir ses propres normes et à composer avec sa diversité — l’indépendance du Kazakhstan rimant aussi avec néolibéralisme, crise économique et quête identitaire. Une situation explosive contenue par un État autoritaire qui cherche sa voie entre Europe et Asie. Face à ce chaos, une partie de la population a rejoint en masse la Russie, l’Occident et parfois Israël. Mais point d’Eldorado pour la majorité de la population qui a dû rester au Kazakhstan. Réduits aux trafics et stratagèmes en tout genre pour survivre, elle côtoie dans les villes l’opulence ostentatoire des nouveaux riches, qui tirent leur fortune récemment acquise des subsides du pétrole et de leur connivence avec les hautes sphères politiques. Car le Kazakhstan possède des gisements, secondaires à l’échelle mondiale, mais qui l'ont placé au cœur du jeu géopolitique régional où, non loin de l’Afghanistan, s’affrontent notamment la Russie, les États-Unis et la Chine. Isabelle Ohayon (historienne de l’Asie centrale, auteur de La sédentarisation des Kazakhs dans l’URSS de Staline, Paris, Maisonneuve et Larose, 2005, à paraître).

LISTE ARTISTIQUE
Shizo: Olzhas Nusupbaev
Sakura: Eduard Tabyschev
Zinka: Olga Landina
Jaken: Bakhytbek Baymukhanbetov
Doctor: Viktor Soukhorukov
Kulyash: Gulnara Jeralieva
Sunzhik: Kanagat Nurtay
LISTE TECHNIQUE
Réalisatrice: Guka Omarova
Scénaristes: GukaOmarova, Serguei Bodrov
Producteurs: Serguei Bodrov, Serguei Selyanov, Serguei Azimov, Natacha Devillers
Directeur de la photographie: Khasanbek Kydyraliyev
Costumes, Décors: Talgat Asyrankoulov
Musique originale: SIG
Son: Andrey Vlaznev
Mixage: Julien Cloquet, Archipel (France)
Monteur: Ivan Lebedev


Une production CTB FILM COMPANY (Russie) et STUDIO ‘KAZAKHFILM’ (Kazakhstan), avec la participation de KINOFABRIKA (Allemagne) et LES PETITES LUMIERES (France), avec le soutien du MINISTERE DE LA CULTURE (Russie) et FONDS SUD – CNC, ainsi que LE MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES (France).


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