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Poignard dans son fourreau quadrilobé
Anapa, Nécropole de Gorgippia
IIe-milieu du IIIe s. ap. J.-C.
Musée de Krasnodar
© Terebenine
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L'OR DES
AMAZONES
Peuples Nomades entre Asie et Europe
6ème siècle av.
J.-C.
4ème siècle ap. J.-C.
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Phalère
Novotcherkassk Kourgane Sadovyi.
Ier-IIe ap. J.-C.
Musée de Rostov
© Terebenine
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16 mars - 15 juillet 2001 au musée Cernuschi
- prolongation en septembre!
Si
vous n'avez pas encore vu l'exposition "l'Or des Amazones", courrez
vite pour
ne pas manquer
ce moment de bonheur! Cette exposition est unique : ses organisateurs ont gagné le pari de réunir
des objets de différentes régions du sud de la Russie pour la plupart inédits pour
le public international. De nombreux ressortissants du Kouban, du Don et du Caucase,
seront sans doute ravis de rencontrer à Paris une telle exposition!
Tous les objets exposés proviennent des musées avoisinant l'embouchure du Don et le rivage oriental de la mer d'Azov (Musée
régional de Rostov-sur- Don, Musée ethnographique d'Azov, Musée municipal de Taganrog, Musée Cosaque de Novotcherkassk, Musée
archéologique de Tanaïs, Musée historique de
Krasnodar). La plupart n'ont jamais été
exposés à Paris.
Ainsi, pour la première fois, la très riche tombe de la princesse sarmate de
Kobiakovo, mise au jour en 1987 et dont le contenu est aujourd'hui réparti entre deux musées, sera exposé dans sa totalité.
L'exposition "L'Or des Amazones" se propose de montrer un choix de pièces
prestigieuses illustrant un moment crucial de l'histoire des peuples nomades des
steppes de l'Eurasie : celui où des apports venus de l'est (Sud de l'Oural, Asie
centrale), renouvelant les formes traditionnelles de l'art scythe des steppes de
l'ouest, génèrent un art nouveau.
Cet art transpose dans le bronze, l'argent, et surtout l'or, massif ou plaqué, souvent
associé aux pierres de couleur, turquoise, grenat, cornaline, corail, un patrimoine
animalier splendidement "barbare", issu des profondeurs de la steppe.
Plusieurs riches ensembles de tombes féminines associent armes et éléments de harnachement aux miroirs et aux bijoux, démontrant, preuves à
l'appui, que derrière le mythe, transmis par la tradition antique, des redoutables amazones, ce peuple fabuleux de femmes chasseresses et
guerrières, se profile la réalité d'une société nomade remarquablement égalitaire dans la répartition des tâches quotidiennes comme dans celle du
pouvoir. La première partie de l'exposition illustre la présence conjointe, sur le Don, des
Scythes, des Sauromates, et des Grecs, tandis que la seconde partie présente les Sarmates entre Rome et la Chine.
Les Amazones, mythe et réalité
Filles improbables du dieu de la guerre Ares et de la nymphe des forêts Harmonie, ou peut-être d'Aphrodite, les Amazones, troupe féminine de
guerrières à cheval rebelles au mariage, sont très présentes dans l'imaginaire grec qui fait d'elles les adversaires de ses héros majeurs
(Bellérophon, Hérakiès et Hippolytè, Achille et Penthésilée, Thésée et Antiope). Et leur image connaîtra, dans la littérature, l'art et les têtes
occidentales, une fortune durable.
La tradition antique unanime localise les Amazones sur la mer Noire. Au Ve s av. J.-C., le poète Eschyle les imagine originaires "des confins du
monde, autour du Méotis stagnant (la mer d'Azov)" et l'historien Hérodote fait des Sauromates bien réels des bords du Don, le fruit de
leur union avec de jeunes et vigoureux Scythes. Au-delà du fantasme, commun au folklore de toutes les sociétés
masculines à l'excès, de femmes à la fois sensuelles et tueuses d'hommes, la légende des Amazones repose sur une réalité attestée tant
par l'ethnologie que par l'archéologie : celle de peuples nomades chez qui les tâches indispensables à la survie du groupe (responsabilité du
troupeau, chasse, défense du campement ou conquête armée de nouveaux territoires) étaient assurées par l'un ou l'autre sexe.
Sans être pour autant matriarcales ou "féministes", ces sociétés pouvaient confier le commandement aux femmes, qui, on le voit avec les
ensembles funéraires sarmates présentés ici, assumaient également des fonctions religieuses.
Scythes, Sauromates, Méotes et Grecs
"Le débouché du Palus-Méotis (la mer d'Azov) est appelé Bosphore Cimmérien. La frontière entre l'Asie et l'Europe passe par ce goulet et par
le fleuve Tanaïs (le Don). Des nomades qui ont des chariots pour maison vivent là de leurs troupeaux, de lait et de fromage fait avec du lait de
jument. Ils ne savent ni mettre de l'argent de côté, ni faire du commerce sauf le troc."
Strabon
A partir du Vie siècle av. J.-C., dans le delta du Don, sur le littoral de la
mer d'Azov et dans le Kouban où vivent des Méotes sédentaires, deux mondes se trouvent confrontés : les marins grecs de Méditerranée et les
cavaliers nomades d'Asie.
Les Grecs, qui s'imaginent occuper le centre de la terre habitée si bien que la barbarie s'accroît au fur et à mesure qu'on s'éloigne d'eux, sont là
aux confins de leurs périples. Pour les nomades qui parcourent les immenses espaces steppiques du cœur de l'Asie, c'est aussi un terme à
la chevauchée.
Venus du Caucase, les Scythes occupent le Kouban et la steppe autour du Dniepr. Sur le Don et sa rive orientale, on
trouve les Sauromates. Deux peuples apparentés, de souche iranienne et de cultures si proches qu'il est bien difficile, dans cette zone de
contact, de distinguer leurs sépultures.
Les Sauromates, pourtant, sont comme l'avant-garde occidentale d'un immense massif ethnique constitué de peuples, iraniens eux aussi, qui
nomadisent sur la Basse-Volga et au sud de l'Oural et sont au contact des tribus nomades d'Asie centrale (Massagètes,
Saces).
L'établissement scythe
d'Elizavetovskoïe et la nécropole des Cinq-Frères
A la fin du Vie av. J.-C., sur une butte du delta du Don, surgit un hivernage. Modestes huttes de roseaux et d'argile, puis maisons de
pierre, entrepôts et ateliers, l'agglomération se transforme en une grosse bourgade fortifiée. Pêche, artisanat et commerce d'objets
importés par la mer pourvoient aux besoins des nomades environnants. L'abondance des débris d'amphores, avec parfois la marque de leur
origine, témoigne de l'ampleur des échanges. Très apprécié, le vin transvasé dans des outres continuait sa route au loin dans les steppes.
L'aristocratie barbare enterrait ses morts dans le delta, un peu à l'écart d'Elizavetovskoïe. C'est la nécropole à kourganes des "Cinq-Frères".
Le haut tertre du kourgane 8 surmontait un caveau de pierres couvert d'un plafond de rondins. Il avait été pillé, mais une partie des objets,
enfouis sous un mur éboulé, avait échappé aux voleurs.
A côté de parures féminines de prix, il y avait là une épée et un étui pour
l'arc et les flèches (goryte) dont les revêtements en or au décor hellénisé ont des équivalents exacts plus à l'ouest, dans d'autres tombes
scythes.
Vers 262 av. J.-C., Elizavetovskoïe disparaît dans les flammes d'un incendie, conséquence des raids guerriers des Sarmates venus de l'est,
qui amenèrent "l'extermination des Scythes jusqu'au dernier" (Diodore de Sicile). Une ère nouvelle va commencer sur le Don et dans le
Kouban: celle des Sarmates.
La "princesse" sarmate de Kobiakovo
En 1987 à Rostov-sur-le-Don, près du site de Kobiakovo, dans une nécropole tumulaire utilisée à la fois par l'aristocratie méote et
l'aristocratie sarmate fut découverte la tombe d'une femme de 20 à 30 ans.
C'est la seule sépulture princière sarmate non pillée qui ait été découverte jusqu'à présent sur le cours inférieur du Don.
Miroir chinois, vaisselle romaine, collier et bracelets de style polychrome, comme en Bactriane, le mobilier de cette tombe démontre la richesse de
l'aristocratie sarmate et l'étendue de ses relations commerciales et politiques dans la deuxième moitié du Ier siècle
ap. J.-C.)
La cache de Datchi
En 1986, dans un quartier de "datchas" au sud-est de la ville d'Azov, fut fouillé un kourgane qui se signalait moins par son tertre, peu élevé, que
par son diamètre, de 35 m. A l'aplomb du sommet, l'unique tombe, celle d'un homme, avait été entièrement pillée. Mais presque au niveau du sol
antique, dans l'argile meuble du déblai de la fosse, les archéologues découvrirent une cache d'une extraordinaire richesse. Eléments d'un
harnachement de parade au grand complet, ceinture en or, épée dans son fourreau rehaussé de cornaline et de turquoises y avaient été déposés dans une ample couverture de selle, une sorte de caparaçon entièrement cousu de petites bractées d'or dont on compte plusieurs milliers.
Musée Cernuschi
7, avenue Vélasquez - 75008 Paris. Ouvert tous les jours, sauf les lundis et jours fériés.
Tarifs d'entrée: plein tarif: 35 frs, tarif réduit: 25 frs, tarif jeune: 18
frs.
Musée Cernuschi
Musée des Arts de l'Asie de la Ville de Paris
7, avenue Vélasquez 75008 Paris
Ouvert tous les jours
sauf le lundi de 10h à 17h40

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